Eklablog Tous les blogs
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Publicité

Montferrand et les entrailles de du Guesclin

Le lendemain (de la cérémonie au Puy en Velay ), le cercueil se mit en route. Il fallut deux jours pour atteindre Montferrand par un temps orageux qui n'arrangeait pas les choses. Le duc de Berry avait ordonné aux consuls, notables, moines et abbés montferrandais de rendre à la glorieuse dépouille tous les honneurs qui lui étaient dus. Une procession interminable de religieux, civils, hommes d'armes alla attendre le convoi funèbre sur la route d'Issoire et elle l'accompagna chez les frères mineurs. Et là, une fois encore il fallut reconnaître une terrible évidence : Les assaisonnements du Puy n'avaient pas résolu le problème et Bertrand Du Guesclin puait plus que jamais.

    On décida donc de recourir aux grands moyens. Les cordeliers retroussent leurs manches, prennent dans la cuisine le plus vaste de leur chaudron, le remplissent d'eau à mi-hauteur et le mettent sur le feu. Se bouchant le nez ils s'efforcent ensuite d'y introduire le cadavre. Les chairs en sont flasques et noirâtres, mais les articulations bloquées, les membres raides sont comme des morceaux de bois. On arriva enfin à faire bouillir le cadavre, on enleva des os toutes les chairs qui furent ensuite inhumées dans l'église des Cordeliers détruite en 1793 par les révolutionnaires qui dispersèrent les cendres du connétable. Tel fut le second tombeau dans l'église des Cordeliers. Ce qui restait - les os seuls- réintégra la caisse trop grande. On boucha les vides avec de la laine. Puis le convoi reprit la direction de la Bretagne, honoré en tous lieux par des processions de gens en larmes.

 


Le plan de Montferrand en 1450, dessiné par P.Leprat d’après l’Armorial de J.Revel, lithographie Desrosiers, extraite de l’ouvrage d’Ambroise Tardieu.

 

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article